Je vous avais demandé si je devais me rendre une nouvelle fois aux inscriptions extrascolaires de mon quartier, à savoir à la Maison Pour Tous, Salle des Rancy, du 3ème arrondissement.
J’y étais l’an dernier et je vous avais déjà raconté.
Très logiquement, cette année, ça devait être au père des enfants de se fader l’exploit (la garde alternée, ça veut dire qu’on partage VRAIMENT TOUT !), mais VOUS en avez décidé autrement (c’est dommage qu’il ne lise pas Familycrunch, il vous en doit une bonne sans même le savoir) et j’y suis donc allée une nouvelle fois, vous racontant cette folle nuit via les story Instagram et Facebook.

Bref, j’ai remis mes vêtements doudous-conforts (mon jogging et mon sweat à capuche à oreilles donc)(l’an prochain j’y vais en Pilou-Pilou je pense) et je suis partie en quête d’une place pour l’activité que ma fille avait choisi.

L’an passé, je suis arrivée à 4h30 à peu près. Et déjà, j’étais hallucinée de voir que des tas de gens étaient.
J’avais aussi juré que j’y retournerai pas, mais je préfère ne pas en parler.

Bon bah autant te le dire tout de suite, cette année, je suis arrivée à 4h32 et j’étais 3 fois plus loin que l’année dernière au niveau de la queue.
TROIS FOIS PLUS LOIN !

      

Mais qui sont donc ces gens qui arrivent à se lever aussi tôt en fait ? Nan parce que moi, j’ai mis 62 réveils ce matin-là pour arriver à même pas prendre de douche tellement j’étais pas coordonnée. Si je me lève plus tôt, je risque de confondre ma fenêtre avec ma porte (j’exagère qu’à moitié).
On n’est pas fait pour ça les gars. Vraiment.

D’ailleurs, quand je vois la quantité de gens hallucinés qui m’ont fait part de leur incompréhension quant à cet événement, je tiens à le dire : OUI, c’est absurde. Parce qu’en soi, PERSONNE n’a envie de se lever en plein milieu de la nuit. Ni de dormir dans la rue. Mais tu le fais, parce que tu voudrais bien une place ET que tu sais que les autres vont pas s’abstenir, parce qu’ils voudraient bien une place aussi. C’est absurde, on se mord la queue un peu plus chaque année et chaque année, l’histoire se répète, mais on continue en priant que quelqu’un ait un jour une idée géniale pour éviter ça.
Mais pour le moment, le Einstein de l’extrascolaire dormait encore, et du coup, on s’est rejoint sur le trottoir avec les autres condamnés.

Une cousine avait appris que je participais à cette semi nuit festive et m’avait envoyé un texto la veille au soir :

– Tu vas aux inscriptions demain ?  On y va en même temps comme ça on boira un café !
– Yes, à 4h30 là-bas. Youhou !

Ça, c’est le sms typique de la rookie des inscriptions à la MPT.

Du  coup, elle m’a appelée direct et j’ai dû lui jurer que c’était pas une blague.
Elle a commencé à me raconter ses vacances et je l’ai envoyée un peu bouler en lui disant qu’on aurait biiiiien le temps de discuter « tout à l’heure, du coup, ha ha ha ».

Je vais pas te mentir, j’ai pas passé le pire moment de ma vie, en vrai.

C’est vrai. J’ai rejoint des gens que je connaissais et qui sont cool ET, surtout, l’ambiance cette nuit là est toute particulière. On est tous fatigués, on est tous là pour la même chose, on trouve tous ça idiot, alors on rigole,, on se parle, on se charrie, on s’occupe les uns avec les autres.
J’ai même su par une instagrammeuse lyonnaise qui a vécu la même chose, au même moment, 15 mètres devant moi (elle était arrivée à 4h15 donc), qu’un couple de notre école s’était rencontré comme ça, dans cette queue, la tête en vrac, assis sur un trottoir sale une nuit de samedi (sans être aviné). C’est beau non ? (si).

Parfois, il caille (bon ok, plus ça va, plus il caille, en vrai, merci la fatigue). Parfois, on regarde un peu trop souvent sa montre et on pense à ceux qui sont restés sous la couette (et on les HAIT), mais on se sert les coudes, c’est chouette, malgré tout.

 

A un moment, tu sais plus trop bien pour quelles raisons tu es là. Les plus chanceux sont arrivés à dormir un peu dans des positions non académiques. les autres (genre moi), avaient « Maloku » (en un mot. oui. Je l’ai dit tellement de fois que c’est devenu un seul mot).

Faut dire que ça avait beau être ma 3ème fois, je me refuse encore à ramener une chaise ou un coussin.
C’est totalement stupide et immature de ma part, parce que je fais ça juste pour me faire croire (à moi-seule) que je peux toujours squatter un trottoir sans broncher, mais en vrai, vraiment, ça douille au bout d’un moment.

J’envie ceux qui se sont amenés une chaise pliante de camping, avec une p’tite table sur laquelle ils jouent aux cartes. Ceux qui ont un duvet aussi d’ailleurs.

Mais je NE VEUX PAS ACHETER UNE CHAISE DE CAMPING.
Je refuse d’être vieille.

Vers 6h, on a croisé des poches à vin qui sentaient fortement la soirée en boite de nuit (peut-être que les deux mojitos que les filles tenaient encore dans leurs mains nous ont donné un indice, j’avoue), et je me suis dit que j’aurais bien bu une bière.
Je pense vraiment que mon cerveau se déphase complètement dans ces conditions parce que tout le monde m’a fait remarquer qu’il était 6h du mat, tout ça tout ça… Alors que je le savais. Juste j’aurais bien bu une bière là, je m’en foutais de l’heure, j’avais plus de principe (je n’ai plus de principe dès que je mets mon pull à oreilles de toute façon), et j’avais envie de merguez et de bière, pour tout te dire.

Il s’est mis à faire jour aussi.
J’ai fait le calcul vite fait, et j’ai constaté que j’avais plus souvent vu le lever de soleil parce que ne m’étais pas couchée que quand je m’étais levée avant lui (et ça inclut les fois où j’étais jetlaguée en voyage et que je me réveillais du coup à 5h du matin heure locale)

A 7h30, les gentils bénévoles de la MPT sont passés avec le café. J’en avais déjà bu 2 grâce à la boulangerie qui avait ouvert ses portes à 4h pour l’occasion, mais j’ai pas craché dessus.

ET puis ce qui devait arriver arriva. C’était l’heure du pipi du matin (je suis une poète, je sais).
MAIS Y’AVAIT DES TOILETTES SÈCHES ! Ouais ! (Bon, perso, la cousine habite juste à côté, je suis allée chez elle)

Et puis tout s’est accéléré. Les gens ont plié les gaules, on s’est tous mis debout, on a rempli les papiers d’inscriptions (en apprenant que les 1ers arrivés, cette année, étaient là depuis 21h la veille !!!) et les portes se sont ouvertes, nous laissant avancer, au pas, sans discontinuer ou presque.

Tu vois la photo ?
Bah quand je suis arrivée au niveau du petit chapiteau noir là (presque à l’entrée donc), j’ai vu un gars sortir.
Avec un marqueur.
J’étais devant le grannnnnd listing de toutes les activités à ce moment là. Je l’ai vu pointer son feutre.

Quand tu fais la queue comme ça, je pense qu’on a TOUS en tête le fait qu’l est toujours possible de ne pas avoir la place qu’on voulait.
Plus on se rapproche de l’entrée et plus on a l’impression de participer à la quête du Saint Graal d’ailleurs (les armures en moins).

Du coup, t’imagines bien que le mec, t’as plus envie de lui faire bouffer son marqueur que de constater qu’il raye TON saint Graal devant tes yeux.

Il a rayé « poterie » et « terre modelage ».

Du coup, on a rigolé. Je suis désolée pour les gens qui s’inscrivent à « poterie » mais avouez que comme ça, là, y’a de quoi se poser des questions.

C’est la 1ere activité complète.

A 9h15.

Qui sont ces gens ? Est ce que la passion poterie vient d’un vieux fantasme refoulé depuis le visionnage de Ghost ? Est ce que le prof est vraiment canon ?

Toutes ces questions qui restent en suspens… Il FAUT que je sache un jour ce qu’il se passe avec cette activité.

Mais pas là.
Là, je rentrais dans le bâtiment, et il s’agissait de pas aller inscrire ma fille à la Capoeira (rapport qu’elle se meut toujours comme un parpaing et que j’ai vraiment renoncé à ce qu’elle soit un peu sportive pour le moment).

J’ai croisé ce genre de gens.

La glacière 30l pour une demi nuit sur trottoir… SI c’est pas de l’orga de maboule ça ! (Encore une fois, je me suis sentie nullasse. Perso, le seul truc que j’avais prévu c’était un parapluie cette année)(et si tu me connaissais, tu comprendrais que c’est déjà un bel effort de ma part)

J’ai réussi à être que 4eme sur la liste d’inscrits. Comme quoi c’était pas la peine de me lever si tôt, mais bon, on sait jamais blablabla (on se colle un de ces stress pour rien en vrai, je te jure…)

Le vrai Graal, tu l’as une fois que tu as payé.
Là, j’ai re-eu une petite pointe d’angoisse.

Parce que si tu me connaissais, tu saurais que je perds toujours ma carte bleue, que j’ai jamais de chéquier et que j’avais claqué le PIB du Burundi en cash pour payer les cafés de la nuit.

J’ai fini par retrouver ma CB.
J’ai payé.
Je pouvais rentrer chez moi.

Faut savoir qu’à partir du moment où tu franchis les portes, tu ne revois plus jamais tes potes. Tu sais seulement l’apres midi, apres avoir récupéré un peu, si ils ont eu ce qu’ils voulaient.

On a tous eu ce qu’on voulait.

Certains de justesse. D’autres moins.

C’était fou, mais c’était bien quand même.

Je suis rentrée et ai eu un accueil de héros (mais j’avais les croissants aussi)

Et soyons honnêtes, j’ai été l’équivalent d’un zombie sous xanax toute la journée.

Et je vais le dire pour la forme : « PLUS JAMAIS J’Y RETOURNE » !

 

Plus d’infos sur la Salle des Rancy (qui est très cool, si jamais tu connaissais pas)