Les vacances ont commencé seulement vendredi après-midi et tu as l’impression d’avoir déjà entendu cinquante fois : « on mange quoi à midi ? » « on fait quoi demain ? » « on va où cet après-midi ? » Bah c’est pas une impression. Tu as vraiment entendu ces questions cinquante fois… au moins.

 

Destination les États-Unis

 

Depuis que je les ai beaucoup déçus aux dernières vacances en leur survendant une expo qui n’avait en fait rien à voir avec ce que j’avais annoncé, quand mes enfants me demandent le programme pour la journée à venir, je m’en tiens à un laconique « On va au musée » et j’annonce juste le mode de déplacement qui nous permettra d’y arriver.

Une fois dans le tramway, je pointe du doigt la destination sur le plan affiché au-dessus de la porte.

– États-Unis ?!
– Et ouais ! On ne se refuse rien. Pour les vacances, je vous emmène aux États-Unis ! (Dites merci.) Vous avez trop de chance.

Le T4 ne desservant pas encore le merveilleux pays de Donald Trump, dans l’immédiat on s’en tient au quartier imaginé par Tony Garnier. C’est justement vers le musée homonyme que nous portent nos pas.

A vrai dire, c’est la première fois que j’y vais en douze ans de présence à Lyon. Il faut dire que c’est loin les États-Unis. Nous découvrons en famille cette partie du 8e arrondissement, avec son alignement d’immeubles tous identiques et ses murs peints.

A la descente du tramway, je cherche des yeux un panneau indiquant la direction à prendre pour rejoindre le musée. Soit je suis bigleuse, soit y’en a pas. Heureusement que Google Map existe ! Je tape ‘Musée Urbain Tony Garnier’ pour obtenir l’itinéraire. Impeccable : c’est à moins de deux minutes.
– Rue serpillière ? C’est poétique…
Arrivée sur place je constate qu’en fait c’est rue des Serpollières (bigleuse on disait ?) Le Musée occupe deux niveaux d’un immeuble d’habitation.

 

L’habitat populaire d’hier à aujourd’hui

 

Le thème de l’exposition, c’est l’évolution de l’habitat populaire en ville entre la fin du XIXe et le début du XXIe siècle.

Tout commence par une chambre aménagée comme à la fin du XIXe. Une pièce multifonction où l’on dormait, préparait les repas, mangeait, se débarbouillait etc. Une pièce au mobilier modeste, avec des toiles d’araignée, des fuites au plafond, du linge pendu à un fil tendu entre deux cloisons.

 

Première originalité : des textes imprimés sur le mobilier, sur des objets usuels et des vêtements remplacent les habituels panneaux et nous communiquent des informations sur l’évolution des modes de vie au fil des décennies (genre à quelle fréquence on prenait un bain à telle ou telle époque). Un diaporama nous montre les quartiers pauvres de Lyon à travers le temps, les ghettos, les baraques, les bidonvilles… et nous rappelle qu’aujourd’hui encore des gens vivent dans le plus extrême dénuement.

 

Plus loin, l’exposition évoque la révolution industrielle, l’exode rural, l’évolution de l’habitat au cours du siècle dernier. Des panneaux, objets et illustrations abordent les propositions de penseurs, d’architectes, d’industriels, d’hommes politiques pour améliorer les conditions de logement, l’hygiène et imposer des normes sociales… Il est question de la création des HBM (Habitat Bon Marché) dont le quartier des Etats Unis est un exemple remarquable et du rôle de l’école dans la transmission de consignes relatives à la propreté mais aussi à la place que chacun est supposé occuper dans un foyer (une normalisation dont nous subissons aujourd’hui encore les conséquences.)

 

Un espace aménagé comme une salle de séjour des années 50 permet de mesurer la révolution qui s’est opérée en moins d’un siècle en termes de confort. Désormais on ne vit plus dans une chambre unique où l’on fait tout mais dans un appartement où chaque pièce à une fonction et où chacun peut avoir sa chambre. Là, tu retrouves des meubles typiques d’une époque, des objets familiers que tu as forcément vus chez ta mamie : la vaisselle, le tableau en canevas super moche, les albums de ‘Caroline’… La nostalgie affleure. Tu peux suivre les actualités sur un poste de télévision noir et blanc.

 

Tu descends un escalier pour arriver dans une chambre et tu t’étends sur un des lits pour suivre un film projeté au plafond et accompagné en fond sonore d’un texte de Georges Perec dont l’exposition a tiré son nom : « La Vie Mode d’Emploi ». Il y est question de la manière dont les gens vivent ensemble ou les uns à côté des autres.

 

La salle suivante est particulièrement originale et j’hésite à ‘spoiler’. Disons simplement qu’une dizaine de portes colorées sont réparties tout autour du visiteur. Celui-ci est invité à les ouvrir pour découvrir… Et bien je ne te le dirai pas. Il va falloir y aller. Désolée.

 

La visite se termine avec un écran interactif qui t’invite à répondre à un quizz. Tu indiques si tu préfères vivre en ville, en périphérie ou à la campagne, dans un habitat collectif ou individuel, sédentaire ou nomade, seul, en famille ou avec des amis. Une fois ton choix fait, l’écran affiche l’habitation idéale qui correspond à tes réponses. Surprise et amusement garantis.

 

 

Les petits plus

 

Je sais, je fais un peu une fixation là-dessus mais bon : il y a un ascenseur. Donc même avec une poussette, tu as le droit de voir l’exposition. D’accord, c’est l’ascenseur de la copropriété donc il faut à chaque niveau sortir du musée et re-rentrer dans le musée. Mais c’est toujours mieux que rien.
La boutique est très sympa avec un bon choix de bouquins, notamment sur l’architecture, des cartes postales et des objets charmants.
Le personnel est très accueillant.

🏦 4 rue des Serpollières 69008 Lyon
📅 Exposition du 30/09/2017 au 16/12/2018, du mardi au dimanche de 14h à 18h.
💰Tarif Normal 5 €, Tarif réduit 4 €, Moins de 12 ans : gratuit.
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