Le Directeur de l’école maternelle des Sœurs (et le maître de Petite Section de la plus grande), devenu depuis un copain, a publié un recueil de mots d’enfants à la rentrée. En pleine promotion de son livre « Brèves d’enfants en maternelle : le Bazar fait bien les choses » aux éditions Chiflet&Cie, Pierre Meynier a bien voulu répondre à nos questions sur la genèse de cette aventure :

Pierre, peux-tu te présenter en quelques mots ?

« Bonjour, je m’appelle Pierre-Antoine Meynier (cependant, personne à l’exception de ma famille ne m’appelle ainsi. Pierre a pris depuis longtemps la place de Pierre-Antoine). J’ai 47 ans et je suis marié à une femme merveilleuse -Claire- qui a la bonté de me supporter tous les jours. J’ai une belle-fille de 10 ans et une fille (qui est aussi très belle) de 2 ans. Sinon, je suis directeur d’école maternelle à Lyon dans le 3ème arrondissement. »

AFFICHE A3 BRÈVES D'ENFANTS EN MATERNELLE

Qu’est- ce qui t’a donné l’idée d’écrire un livre de perles d’enfants ?

« J’ai la chance de travailler maintenant depuis 15 ans au milieu d’enfants de 3 à 5 ans et les perles d’enfants, ces pépites d’humour sont toujours parvenues à égayer mes pires moments d’école, quand les élèves sont à réduire en bouillie, quand les parents d’élèves vous accusent de méconnaitre le génie de leur enfant génialement génial et en plus d’avoir égaré son bonnet et son écharpe, en faisant subitement apparaître un rayon de soleil qui charme la journée et réchauffe le cœur. Le problème de ces « pépites d’enfants » est qu’elles sont volatiles. Elles font sourire l’instant mais s’évaporent si vite qu’on ne peut que difficilement s’en souvenir : à moins de les noter immédiatement. J’ai toujours été un peu déçu le soir au retour de l’école de ne pas être capable de me rappeler du mot savoureux prononcé le matin même par un enfant de ma classe. Je me remémorais le bonheur éphémère qu’il m’avait apporté, mais plus de son contenu. Un gâchis qui m’énervait !! Un jour, une collègue avisée –Francine- à qui je confiais mon désarroi me dit simplement : « Toi qui aimes bien écrire, note-les et essaie d’en faire un livre. Ca peut marcher ! ». Au début, je trouvais cela bizarre. Mais, la fuite des mots d’enfants ne cessait de se poursuivre et je ne pouvais l’endiguer. Alors, un jeudi d’automne 2009 alors qu’un rubis venait de surgir de la bouche d’un élève, j’ai demandé à mon ATSEM de s’occuper un instant de ma classe. J’ai pris un crayon, un papier dans la poubelle et j’ai écrit quelques mots. J’ai glissé mon larcin dans la poche de mon pantalon. Le soir, seul dans mon bureau j’ai relu ce vétuste papier. Le mot d’enfant m’est revenu en mémoire, la tête de l’auteur aussi. J’ai souri. J’ai adoré cet instant. Alors, je me suis fait la promesse de toujours les noter et pourquoi pas un jour essayer de les publier. »

Comment as tu procédé pour l’écrire?

« Tout d’abord, en rendant l’écriture sur mes petits papiers automatique. Une perle, un papier. Au début, je pense que mes élèves devaient halluciner. Ils entendaient ma grosse voix dire:  » on ne bouge pas, je reviens ». Et, ils me voyaient courir au fond de la classe fouiller dans la poubelle et revenir auprès d’eux le sourire aux lèvres et l’air évasif. Après je me suis organisé. Je me préparais à l’avance des petits papiers vierges et un crayon que je glissais dans ma poche de jeans. Poche droite, les vierges et le bic. Poche gauche, les perles. Puis, je me suis modernisé et mon portable m’a servi d’ordinateur pour poursuivre ma récolte. Cela a duré 5 ans. Au début, le magot était mince et prospérait lentement. Mais mon addiction fut connue dans l’école et les collègues m’apportèrent leur concours. Certains m’interpellaient dans un couloir, dans mon bureau, en récré, pour me raconter la perle du jour, le mot savoureux. On souriait. Parfois, on éclatait de rire. Puis, le miracle du bouche à oreille s’est produit. Mon projet de recueil a sauté les murs de l’école Jean Macé et s’est aventuré dans quelques écoles de Lyon puis dans d’autres plus éloignées. A partir de ma troisième année de collecte, un petit réseau de « maîtresses » s’est mis en place et un texto, un mail, venaient enrichir ma collection.

Parallèlement, je m’interrogeais, toujours dans l’espoir d’une publication, sur la meilleure façon de les présenter. Au début, je voulais faire une partie PS (Petite Section : élèves de 3 ans), une partie MS (Moyenne Section : élèves de 4 ans ) et une GS (Grande Section : élèves de 5 ans). Avec l’habitude, on identifie, à la première lecture de la perle, la classe d’âge de son auteur. Mais, cela ne me satisfaisait pas. Alors, j’ai opté pour des chapitres qui respectaient l’ordre alphabétique. L’idée m’est venue en lisant à ma classe un abécédaire. Les élèves aimaient bien l’enchaînement des lettres. A l’oral , on travaillait beaucoup sur le « A comme…., B comme…… ». Alors pourquoi pas organiser mes perles de la sorte. Cependant, je décidais de mentionner à la fin de chaque parole d’enfant la section de son auteur.

Puis, un soir de juillet en Lozère, j’ai compté mon butin. 312 perles : assez pour tenter l’aventure de la publication. »

Quelles ont été tes démarches pour trouver un éditeur?

« Oh, toujours un peu les mêmes. J’ai une grande expérience dans la recherche de maison d’édition. Cela fait maintenant 20 ans que j’envoie régulièrement des manuscrits (histoires pour les enfants, essais de romans pour les adultes…) mais jusque là sans succès. J’ai dans un classeur un nombre incalculable de lettres polies et argumentées m’expliquant que mon manuscrit est très intéressant mais « qu’il ne correspond pas à la ligne éditoriale du moment ». Être publié, c’est un peu comme gagner au loto. Et cette fois ci, allez savoir pourquoi, j’ai fait partie des lauréats. Ce qui m’amuse et m’interroge est que le seul ouvrage que je parviens à publier est un livre dont je ne suis pas directement l’auteur. Le contenu m’a ,en effet, complètement été apporté par des élèves de 3 à 5 ans.

Bon revenons aux maisons d’éditions : je travaille toujours un peu à l’ancienne, peu d’internet, que du réel.

Pour cet ouvrage, je me suis rendu avec « ma super correctrice » Francine à la Fnac Bellecour en juillet 2014 et pendant deux heures, on a « bougé les rayons » pour identifier les livres qui étaient, dans l’esprit, dans la forme, les mêmes que mon manuscrit. Et puis papier, crayon à la main, on a noté l’adresse de leur maison d’édition. On en a sélectionné 18. J’ai donc envoyé 18 manuscrits. Résultat: 6 sans réponse, 10 réponses négatives. Et le 9 octobre 2014, BINGO : coup de téléphone des éditions Chiflet qui souhaitaient publier le livre ! Bonheur…

Le lendemain, une édition lyonnaise me contactait. Un jour trop tard. »

AFFICHE A3 BRÈVES

Où peut-on trouver ton recueil?

« Un peu partout, je crois. Dans les librairies du type Decitre, FNAC ou Cultura, mais aussi dans les librairies de quartier ou les maisons de la presse. Mon beau père a même trouvé un exemplaire du livre dans un point presse d’un village en Lozère. Sinon, sur internet. »

Quelle est ton actualité pour les prochains mois?

« Oh mon actualité est surtout dictée par ma vie familiale et professionnelle. Mais, malgré cela, j’essaie de trouver un peu de temps pour poursuivre la promotion du livre. C’est tout nouveau pour moi et franchement, ça m’amuse. Mercredi dernier (le 18/11), j’ai fait une séance de dédicace à Cultura à Givors . En 4 heures, j’ai vendu 5 livres. Mais, j’ai bien aimé. Tu discutes avec des gens comme cela, sans gêne, avec plaisir. Tu parles du livre, des enfants, des élèves, de l’école maternelle, de sujets plus graves, de tout et de rien. C’est très sympa.

Mais revenons à la question.

Je fais une séance de dédicace à la Mairie du 7ème arrondissement le Vendredi 4 décembre à 18h00 et le Vendredi 18 décembre après-midi à Decitre Part-Dieu. L’entrée est ouverte à tout le monde.

Sinon, j’ai quelques idées pour poursuivre la promotion du livre mais rien n’est encore finalisé. »

As-tu d’autres projets de livre ?

« Oui, j’envisage de faire un tome 2. L’avantage de ce type de livre est que la matière est infinie. Des mots d’enfants, il y en aura toujours. Le livre se fait presque tout seul. Il suffit de saisir la perle au vol lorsqu’elle sort de son écrin et de la noter. Sinon, je vais essayer de publier des textes racontant ce qu’il se passe dans nos écoles, ce que les parents d’élèves ne voient ou ne soupçonnent même pas. J’espère que cela intéressera un éditeur. On verra, mais si ça marche, je vous ferai signe. »

Merci Pierre, pour cette interview très intéressante, qui nous donne envie de nous précipiter dans la première librairie pour mettre la main sur ton recueil !

Et si vous n’avez pas de librairie (ni internet) sous la main, LFC a pensé à vous : Pierre a gentiment accepté d’offrir un exemplaire dédicacé de son livre « Le bazar fait bien les choses » à l’un de nos lecteurs.

Pour jouer, c’est très simple : partagez dans les commentaires un mot savoureux de votre enfant et nous désignerons l’heureux gagnant ! Vous avez jusqu’au Dimanche 6 Décembre 2015 à 12 h 00 pour participer, alors à vos claviers !

« Brèves d’enfants en Maternelle : Le Bazar fait bien les choses » de Pierre-Antoine Meynier, paru aux éditions Chiflet&Cie – 10 € –

EDIT du 8 Décembre 2015 : le concours est clos et le gagnant a reçu un mail ce soir ! Merci à tous de votre participation !