Si tu t’attends à lire un article sur la chronobiologie, le respect des rythmes du sommeil des enfants avec citations d’éminents spécialistes, médecins et psychologues, mauvaise pioche ! (désolée !)

 

Une soirée de vacances comme les autres

 

Je te situe le contexte : lors des dernières vacances de Noël, comme mon mari et moi sommes des parents hyper sympas, nous avons autorisé notre progéniture à se coucher plus tard que d’habitude. Le meilleur de l’histoire c’est qu’ils n’ont même pas eu besoin d’insister. Décidément, on est juste trop cools !
J’avais simplement donné comme consigne : « Brossez-vous les dents puis jouez calmement dans les chambres et à 22h30 pétantes tout le monde sous la couette ! »
Marché conclu.

Là, avec mon chéri, on s’installe tranquillou sur le canapé, en amoureux, croyant, naïfs que nous étions, que nous allions pouvoir regarder un bon film au calme. Va savoir pourquoi, au bout de trois enfants, il y a des choses que nous n’avons toujours pas comprises.
Qu’on faisait erreur par exemple…

Ce qu’il s’est vraiment passé…

1ère minute du film
Le cadet : «Pourquoi il y a de la terre dans l’entrée ? »
« Ah bon, il y a de la terre dans l’entrée ? On verra ça plus tard. Va jouer. »

3e minute du film
La Benjamine : « Maman, le lait ! »
Je me lève pour donner, exceptionnellement, un dernier biberon.

5e minute du film
B. : « Maman, pipi ! »
Je me lève une deuxième fois.

8e minute du film
L’aînée : « y’a une peau de poivron coincée dans les poils de ma brosse à dent. »
Non mais sérieusement ?! On l’envoie balader. Qu’elle se débrouille avec sa peau de poivron.

10e minute du film
B. qui a reçu une super mallette de médecin pour Noël vient de s’emmêler le stéthoscope dans les cheveux (oui c’est possible) et pousse soudain des cris aigus. Je démêle le tout pour que les cris cessent.

12e minute du film
B. : « Maman encore le lait ! »
Bon ben, il faut se lever hein parce que je sais que de toute façon elle va pas lâcher l’affaire comme ça. Elle aura son lait coûte que coûte alors autant y aller tout de suite.

15e minute du film
C. : « Je peux jouer à la DS ? »
Et là, il ne s’agit pas « juste » de dire « oui » pour être débarrassée (oui oh, ça va, ne me juge pas), il faut aussi taper un code hyper secret que je suis la seule à connaître.

20e minute du film
B. : « Bobo ! »
Ma benjamine me présente son bras à la peau séchée par le froid. J’entreprends de lui appliquer une crème hydratante. Mauvaise idée : ça devient rouge, ça brûle, elle hurle. Son papa souffle frénétiquement sur l’avant-bras pour rafraîchir sa peau jusqu’à ce que les cris cessent enfin.

30e minute du film
B. : « Maman Peuzz. » (Pour les non-initiés, ça veut dire : « Je veux jouer au puzzle. Mais pas toute seule, hein. Avec toi. Sinon c’est pas rigolo. »)
Bon, à partir de là je ne suis le film qu’à l’oreille uniquement.

35e minute de film
A. : « Il y a une bestiole dégueu dans la salle de bain. »
Moi à son Papa « Ça c’est pour toi. »
Papa à A. « Elle est grosse comment la bestiole ? Parce qu’au-dessus d’1cm c’est pour Maman. »
Moi à A. « Mais c’est quoi comme genre de bestiole ? »
Finalement la curiosité l’emporte (ou l’intérêt scientifique) et la famille au grand complet se déplace dans la salle de bain pour identifier la mystérieuse bestiole et accessoirement lui régler son compte. C’est une malheureuse punaise. Et personne ne sait comment elle a pu arriver là vu qu’avec le froid de ces dernières semaines aucune fenêtre n’a été ouverte récemment (oui je sais, l’air intérieur est plus pollué, bla bla bla …) La bestiole faisant moins d’1cm c’est Papa qui se charge de l’occire, ou plutôt qui lui offre un tour de manège gratos dans l’aspirateur.

Au retour dans le salon, plus de film sur l’écran de télévision.
B, plus rapide que tout le monde, s’est approprié la télécommande et a changé de chaîne.

A ce stade, je comprends (enfin) que regarder un film ce soir-là, c’est pas le destin et je l’accepte. Je laisse B. regarder des clips musicaux pendant que son Papa s’installe devant son ordi et que j’envisage sérieusement d’aller me coucher… avant les enfants.

*Cher lecteur, parent indigne, je t’autorise à changer le titre par « Pourquoi il ne faut pas faire d’enfants »